Et pendant ce temps ...

Et pendant ce temps ...
Nicolas Sarkozy est augmenté de 172 %, et non de 140 %
LE MONDE | 06.11.07 | 10h34 • Mis à jour le 15.10.08 | 12h52


Transparence". Tel était le maître mot du – bref – débat qui a précédé le vote à l'Assemblée nationale, mardi 30 octobre, de l'augmentation du traitement du président de la République. Mais personne, à la sortie, n'était en mesure d'indiquer avec précision la rémunération actuelle du chef de l'Etat et celle à laquelle il aura droit à compter du 1er janvier 2008.

Interrogé par Le Monde, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, qui a présenté les crédits des pouvoirs publics et défendu les amendements du gouvernement sur le budget de l'Elysée, a fourni ces indications : de 7 084 euros à l'heure actuelle, l'indemnité mensuelle nette du président de la République passera à 19 331 euros, soit une augmentation de 172 %, et non de 140 % comme Le Monde, ainsi que la plupart de ses confrères, l'avaient écrit. Des chiffres confirmés par l'Elysée.

La confusion naît d'une note de l'Elysée jugeant "souhaitable que la rémunération du président soit portée à un niveau comparable à celle du premier ministre". La rémunération brute annuelle de François Fillon atteint 240 000 euros. Le rapprochement a été fait avec la "dotation" annuelle du président, fixée à 101 488 euros dans le projet de loi, sans changement par rapport à l'année précédente.


"RÉCOMPENSE DU MÉRITE"


Jusqu'à présent, la rémunération du chef de l'Etat ne répondait à aucun critère réglementaire. L'amendement voté à l'Assemblée dit que le président recevra dorénavant, comme les membres du gouvernement, "un traitement brut mensuel calculé par référence au traitement des fonctionnaires occupant les emplois de l'Etat classés dans la catégorie dite hors échelle , au plus égal au double de la moyenne du traitement le plus bas et du traitement le plus élevé de cette catégorie".


Le but est d'"aligner les modalités de rémunération du président de la République sur celles du premier ministre". Les modalités, et non le montant.

Le bicentenaire de la Cour des comptes, lundi 5 novembre, a donné l'occasion à Nicolas Sarkozy de parer de vertu cette augmentation de salaire. Elle s'accomplit dans le cadre plus général d'une "révolution intellectuelle et morale" de l'Etat, qui oblige "à la transparence" et induit "la récompense du mérite et du travail bien fait", a-t-il expliqué. "J'ai voulu que la présidence de la République donne l'exemple", a ajouté M. Sarkozy.

M. Sarkozy a proclamé la "rupture". "Un mot que j'aime tant", a-t-il précisé. Pas question, comme l'avait fait Jacques Chirac en 1995 – pour préparer l'euro –, de prôner la rigueur après avoir promis de réduire la fracture sociale : "Si l'austérité produisait des résultats, ça se saurait depuis longtemps", a-t-il ironisé.


Il a aussi lancé un avertissement "à ceux qui ne croient qu'à la vertu des politiques sacrificielles", car les Français "n'ont cessé depuis vingt-cinq ans de faire en vain des sacrifices considérables".

La présence des comédiens Jean Piat et Francis Huster, qui ont joué la séance inaugurale de la Cour en 1807, rappelait que la politique peut aussi être un théâtre.

Béatrice Gurrey et Patrick Roger
# Posté le mercredi 15 octobre 2008 10:37

Les Mentonnais doivent lire ceci

Les Mentonnais doivent lire ceci
Menton ou la gestion principautaire de Jean-Claude Guibal
vendredi 29 février 2008 / "le Patriote"

Ce doit être la proximité de la Principauté de Monaco qui veut ça ou le poids de ses liens historiques (Menton faisait partie de la Principauté) : Jean-Claude Guibal, député-maire de Menton, règne littéralement sur l'extrême Est du département.


Cet Énarque de bientôt 67 ans, très avenant, a été élu à la tête de la cité des citrons en 1989, succédant ainsi au général Aubert, puis député de la quatrième circonscription en 1995. Il est aussi président de la Communauté d'agglomération de la Riviera française. Il briguera aux élections municipales son quatrième mandat.

UDF en 1989, il est passé en 1997 au RPR en mettant totalement la main sur sa section locale. Une man½uvre habile qui lui a permis de s'attribuer l'investiture aux dépens du député RPR sortant et maire de Cap d'Ail, Xavier Beck. Il a finalement adhéré à l'UMP en 2002.

S'il se défend d'en avoir eu, ses prétentions nationales ont régulièrement été bloquées par ses mauvais choix en matière de politique politicienne (plutôt Balladur que Chirac, plutôt De Villepin que Sarkozy). Ce qui lui vaut d'entretenir des rapports tout juste cordiaux avec l'homme fort du département, Christian Estrosi. Cependant de par ses liens qu'il a tissé au Moyen Orient, il a récemment accompagné Nicolas Sarkozy lors d'un voyage dans les pays du Golfe. Sur le plan départemental, sa première adjointe, qui est également son épouse à la ville, Colette Giudicelli joue un rôle important en tant que première vice-présidente du Conseil général. C'est d'ailleurs ce cumul de mandats (Colette Giudicelli était même conseillère régionale avant d'être contrainte par la loi de démissionner) qui est souvent reproché au couple.

Sur le plan local, Jean-Claude Guibal n'en est pas à un paradoxe près. Libéral, il a rapidement fait sous-traiter les cantines, le ramassage et le traitement des ordures ménagères ou encore les transports. Pour autant, sa méthode de gestion de la commune est très partisane et laisse peu de place à la concertation.. Rien n'échappe en effet à sa coupe. Que ce soit sur le plan culturel, sportif, social et surtout économique :: tout doit passer par lui. La moindre contestation en ville et les foudres de la mairie s'abattent. En témoignent les candidats qu'il a mis en place face aux élus locaux qui ne font pas allégeance, à l'image du turbulent, et pourtant UMP, maire de Roquebrune Cap-Martin. Une méthode qui a cependant porté ses fruits sur certains dossiers d'importance comme la station d'épuration ou encore de nombreuses opérations d'embellissement de la cité.

Néanmoins, il reste beaucoup plus discret quant à la construction de logements sociaux. Le droit de préemption renforcé dont il dispose n'est que très rarement utilisé et les promoteurs ont eu beau jeu de réaliser depuis 20 ans à Menton moult programmes luxueux. Les actifs, et plus généralement les personnes aux revenus modestes, n'ont désormais plus d'autre solution que de s'expatrier.

Les jeunes ne sont pas non plus à la fête. Alors que Menton disposait dans les années quatre vingt dix de plusieurs quartiers très vivants, avec de nombreuses terrasses de bar et de boîte de nuit, il n'existe plus que de beaux logements achetés par des Italiens fortunés, et vides les trois quarts de l'année. En fait, seuls les projets de luxe (un complexe quatre étoiles dans le quartier de Garavan) ou de prestige sont admis (une antenne de Sciences-Po Paris a été créée).

La ville, il est vrai, s'est beaucoup améliorée. Elle est plus propre, plus sûre. Un superbe village de vacances où les jeunes, les actifs, les seniors peu fortunées et surtout les SDF (aucun accueil de nuit, alors que cet aménagement est réclamé par les associations depuis des années) n'ont pas le droit de cité.

Une cité qui devrait, sauf énorme surprise, tomber pour six années supplémentaire sous l'emprise de Jean-Claude Guibal et de son épouse. Un règne qui ne semble pas prêt de s'achever...

J-M.C. et S.P.
http://www.le-patriote.info/spip.php?article1332
# Posté le vendredi 29 février 2008 11:58

Du grand foutage de gueule !!

Du grand foutage de gueule !!
"La France va mal. La France n'a plus d'argent dans les caisses. Nous devons revoir les régimes spéciaux, instaurer la franchise médicale, etc."
C'est ce que l'on nous rabache depuis des mois. Et bien Mr Sarkozy se permet aujourd'hui de s'augmenter son argent de poche (car il ne paye absolument rien pendant tout son règne, pas même ses vêtements ou sa bouffe) de 172% !!!
Qui peut sincèrement se satisfaire de 7 500 euros d'argent de poche, voyons... 19 500 euros ça va mieux avec sa stature.
Et ce n'est pas tout !!!
Quand on vous dit qu'on vous prend pour des boeufs, c'est peu dire...
Cette "petite augmentation" ne sera effective qu'à partir du 1er janvier 2008. Donc depuis qu'il a été élu, le Canard Enchaîné nous révèle que notre grand maître a demandé de toujours pouvoir toucher son salaire de ministre de l'Intérieur. Depuis mai 2007, Sarkozy touche donc 11 500 + 7 500 euros.

Si vous faites un petit calcul, Sarkozy Napoléon s'augmente de 144 000 euros par an soit 720 000 sur 5 ans. L'équivalent de 144 personnes embauchées au SMIC pendant 5 ans.
Autre mesure votée en même temps que celle-ci : le budget de l'Elysée en 2008 va passer à plus de 100 millions d'euros, contre 32,292 millions d'euros initialement prévus, grâce à une majoration de 68,5 millions d'euros. Dépêche AFP
Rappelez-vous comme l'on critiquait déjà le train de vie de notre regretté Chirac...

Et tout cela passe comme une lettre à la poste, les médias n'en parlent pas du tout.
Je peux officiellement vous dire que vous ne pouvez plus avoir confiance en eux.

Et si je vois quelqu'un qui vient défendre Sarkozy sur ce fait devant moi, je lui fous mon poing dans la gueule car là j'arrive pas à croire comme il se fout de la gueule des Français et ils le défendent et en redemandent... C'est ça le pire !
Putain, j'en ai marre !!!
C'est quand la révolution ??!!

Sarkozy et son augmentation
Et pendant ce temps il vient taper sur une poignée de cheminots et fonctionnaires qui sont montrés du doigt comme étant des privilégiés avec 2000 euros par mois de salaire pour les plus chanceux.
# Posté le lundi 17 décembre 2007 08:49

C'est quoi le libéralisme ?

C'est quoi le libéralisme ?
A lire absolument pour tous ceux qui ne savent pas vraiment ce qu'est et ce que veut le libéralisme et le capitalisme. Vous ne pourrez plus dire que vous n'étiez pas informés. Pour ceux qui n'auraient pas encore compris, ceci est la politique de la droite et surtout de Sarkozy en ce moment. Détruire tout le social, c'est ce qui nous attend si on ne fait pas quelque chose maintenant.
Voici donc cette magistrale définition de mon ami yggdrasil que j'ai rencontré sur un forum.


L'ultra libéralisme est un modèle de société où on laisse faire les lois du marché et où l'état intervient le moins possible.
En clair, on garde un état régalien (police -armée - administration minimum). Dans ce type de société, l'état social n'existe pas. En clair, les filets de protection que nous connaissons (retraite, sécurité sociale, assurance chômage, allocations familiales) sont éliminés car ils représentent des coûts pour l'entreprise. A charge pour chaque individu de s'assurer par ses propres moyens pour faire face aux aléas de la vie.
En théorie, les salaires sont augmentés puisqu'ils ne sont plus ponctionnés des prèlèvements habituels des organismes sociaux. Les patrons eux voient leurs prélévements sociaux supprimés. Donc les entreprises ont plus de liberté pour augmenter leurs salariés ou se garder l'argent dans la poche. Donc favoriser les salaires, embaucher, investir dans l'appareil productif ou faire des placements financiers.
Mais partout où ce système a été adopté, (cf états-unis), les inégalités n'ont fait que croître. De plus la pression sur les salariés est énorme, puisqu'une fois qu'ils sont licenciés, ils ne bénéficient d'aucune allocation. La peur au ventre au boulot et pieds et poings liés devant le patron. Le rêve pour certains. De plus ce système n'offre aucune protection pour la santé. Chacun doit s'assurer selon ses propres revenus pour sa couverture santé. Et les assurances privées épluchent les candidats selon leur bonne santé.
Si tu n'as plus de travail et que tu es exclu, tu ne peux plus payer ton assurance, puique tu n'as plus de revenu dans ce système. Donc ils te foutent dehors et tant pis pour toi.
Donc l'angoisse perpétuelle du chômage, l'angoisse de pouvoir se soigner, l'angoisse d'avoir une retraire un jour.
Aux états unis, ce sont surtout les systèmes de fond de pension (de grosses boîtes en ont) et comme dans le scandale d'Eron, les retraites ont disparu dans la poche de quelques uns. Mais c'est loin d'être le cas pour toutes. Ceci dit, dans les petites boîtes, c'est la misère et le casse tête pour avoir une retraire et donc il n'est pas rare de voir des types travailler jusqu'à la mort aux états unis. Les richesses pour quelques uns et la démerde pour les autres, c'est le système américain. C'est le modèle que Sarkozy et ses amis voudraient nous faire adopter (même s'il s'en défend) .
Ensuite, l'autre partie, c'est que dans le système ultra libéral, il n'y a pas de places pour les services publics ou très peu. Tout est confié au privé car, pour le capital, tout est bon à prendre. Et c'est aujourd'hui ce que nous sommes en train de vivre avec la privatisation d'Edf. Le capital rentre au début par la petite porte et après, il mange tout en accord avec les pouvoirs politiques qui sont à son service.
Dans ce genre d'opération, les représentants des actionnaires vont mettre en oeuvre une politique de manière à ne garder que les parties les plus rentables des entreprises. Les autres branches moins rentables étant souvent appellées à être vendues. Le but de l'opération étant de faire baisser les coûts salariaux par tous les moyens de manière à accroître la haute rentabilité du capital investi. Cette politique aboutit à réduire le nombre de salariés au minimum, à accroître la pression managériale sur ceux qui restent, à accroître la précarité du personnel, à réduire le droit syndical, à réduire le niveau des salaires qui n'est non plus calculé selon une grille, mais selon l'investissement de chaque salarié. (chaque salarié devient le concurrent de l'autre parce qu'il faut mériter pour gagner, donc il faut se distinguer).
Mais cette politique ne s'attaque pas seulement aux services publics de l'énergie, elle s'attaque aussi à la fonction publique toute entière (comme nous le montre le plan d'économie que va réaliser Sarkozy sur 11 000 fonctionnaires qui ne seront pas remplacés). Il y a aussi le projet d'externaliser un certain nombre de services communaux au privé.
De plus en plus de mairies, voyant les revenus de la taxe professionnelle se réduire comme peau de chagrin suite à des décisions prises sous le précédent gouvernement auquel Sarkozy a participé activement, n'ont plus les moyens d'assurer le fonctionnement de certains de leurs services.
C'est ça l'ultra libéralisme.
Dans ses sociétés extérieures qui feront le travail, les salariés seront encore payés une bouchée de pain et souvent sans droits comme d'habitude. Encores plus précarisés qu'avant et à la merci du bon vouloir patronal et divin.
L'éducation nationale est encore un coût financier de trop dans ce monde de la jungle où seul le meilleur, le plus fort, le plus beau aura droit de cité. Oui, c'est pour cette raison que l'on nous présente comme absurde l'idée que les éléves travaillent trop par rapport au reste de l'Europe. Cela tombe bien cette bonne idée, comme cela on va encore pouvoir réduire le nombre de profs.
Le MEDEF est aux anges, il s'ébahit devant tant de servitude de son poulain Sarkozy. Le rattrapage scolaire c'est bien, surtout si ce sont des bénévoles qui s'en occupent et non pas des profs payés. Quelle aubaine.
En réalité que va devenir l'éducation nationale dans ce monde ultra libéral (l'éducation publique en clair), le parent pauvre et pourquoi parce que dans ce monde là, il y aura de plus en plus d'écoles pour ceux qui auront les moyens de payer des bonnes écoles à leurs enfants et ceux qui n'auront pas les moyens qui resteront dans un service public apauvri.

Pourquoi pensent ils comme cela et pourquoi font ils cela ? Parce qu'ils pensent qu'il n'est pas nécessaire que tout le monde ait besoin d'un haut niveau d'éducation dans leur société. Donc d'un côté les élites qui se reproduisent (puisqu'ils ont de l'argent) et de l'autre la masse qui sert leurs intérêts avec un niveau d'éducation plus faible.

Mais je ne vais pas poursuivre et peut être à d'autres de le faire.
Donc ce à quoi nous assistons avec l'oeuvre de Sarkozy, c'est une tentative d'un retour en arrière sans précédent dans l'histoire sociale, politique, économique de notre pays avec l'aval du grand patronat Français, Européen, des autorités de Bruxelles, du grand cousin Américain, G8, FMI, banque mondiale et leur volonté de progresser vers une mondialisation destructrice de tout droit social, et au droit à des services publics de qualité pour le plus grand nombre, au droit d'avoir accès à des soins de qualité, à l'éducation, au travail, au logement.
C'est tout simplement un recul d'un siècle dans l'histoire de notre pays. C'est la volonté de remettre en cause toutes les grandes conquêtes qui ont forgé l'identité de la France et sa particularité. C'est la volonté d'écraser d'un revers de main les conquêtes de 1936 et du front populaire, de la libération avec ce qu'a réalisé le conseil national de la résistance, (il a belle figure de citer GUY MOQUET), de mai 1968. Mais c'est aussi cracher sur ce qu'ont voulu faire les communards de la commune de paris en 1870, c'est cracher sur tous nos gavroches qui sont morts sur les barricades et qui ont donné leur sang pour la république sociale.

Alors c'est franchement ça votre vision de la France ?
# Posté le lundi 17 décembre 2007 08:20
Modifié le lundi 17 décembre 2007 08:55

Les dérives policières

Les dérives policières
Bon je reprends enfin l'activité car là ça va vraiment mal en France.
Sarkozy est en train de démanteler tout le social en France et se fout complètement de notre gueule. Mais là, je vous mets une lettre d'une enseignante de la faculté de Lyon II.
Elle y décrit le quotidien auprès des "agents de sécurité" pendant la grève.
Et ça ne passe bien sûr pas dans les médias...


Violences et tensions dans les Universités

Par Alice Verstraeten, enseignante à Lyon II, 7 décembre 2007

Ma fac (Lyon II) s'enfonce tous les jours un peu plus dans le mépris des étudiants et dans un logique policière qui m'inquiète profondément. Les médias ne nous suivent pas, ne relayent rien, s'auto censurent ou se font censurer.

Depuis quelques jours, le président de l'Université a fait appel aux « forces de l'ordre » : des vigiles privés, très jeunes, non asermentés, arrogants et dépassés par les événements, patrouillent dans la fac avec au bras un brassard orange marqué « sécurité ». Ils apostrophent tout le monde, tutoient tout le monde, et nous demandent de justifier de notre présence dans l'Université en montrant notre carte « cumul » (une carte magnétique d'étudiant ou d'enseignant qui sert aussi de carte de bibliothèque et de carte... de paiement dans l'enceinte de la fac... ce qui, en soit, ne me plaît déjà pas beaucoup).

Il semble bon de rappeler qu'une Université est, selon la loi, un « établissement public à vocation scientifique et culturelle »... Les étudiants qui manifestaient scandaient à l'encontre des vigiles, hier atin : « Voyous, racailles. » Car certains d'entre eux s'amusent à retenir les étudiantes pour les draguer, d'autres en sont venus aux mains avec des étudiants de leur âge, une étudiante a été « étranglée » avec son écharpe pour qu'elle dégage un passage.

A l'entrée principale du campus de Bron et rue Chevreul, sur le campus des quais du Rhône, dès 7h30 le matin, tous les jours, les CRS arrivent pour déloger les étudiants qui protestent. 9 cars de CRS devant le campus de Bron, 9 cars de CRS devant le campus des quais de Rhône. Ils sont, régulièrement, soutenus par la gendarmerie mobile.

J'étais là, hier matin. Deux de mes étudiantes m'avaient dit avoir été « molestées » par les CRS la veille et voulaient que j'en sois témoin. Eh bien oui, ils les plaquent au sol, les jettent plus loin, les matraquent dans le ventre et sur la tête.

Sur les quais, hier, deux leaders syndicaux étudiants (un de Lyon 2, l'autre de Lyon 3) ont été désignés du doigt par des policiers en civil avant d'être poursuivis dans une rue adjacente par les CRS. Ce qui signifie, nous sommes d'accord, qu'un travail préalable « d'information » a été effectué et que ces arrestations sont ciblées pour détruire les mouvements syndicaux.

Les deux hommes sont en garde-à-vue et devraient être déférés à la Justice aujourd'hui même (donc : il existe désormais des comparutions immédiates pour les manifestants, vous serez prévenus). Dans un communiqué odieux et mensonger, la présidence de la fac dit qu'ils sont « extérieurs à l'Université » et que ces arrestations sont survenues après des troubles.

Il n'y a pas eu de troubles autres que la manifestation pacifique, nous sommes plusieurs enseigants à en être témoins. Un étudiant a été blessé et, une fois aux Urgences, a hérité de douze points de suture sur le crâne. Des étudiants ont été mis en joue au flashball. Des policiers en civils sont toujours là, dont un homme sur mon campus : de « type méditerrannéen », il porte une grosse doudoune noire, un talkie walkie dans une poche, un appareil photo dans l'autre. Lui et ses camarades filment longuement les manifestants.

S'ils ont effectivement été convoqués par le président de l'Université dans le seul but de permettre aux étudiants qui veulent suivre les cours d'entrer dans la fac, pourquoi filment-ils ? Doit-on ajouter la DGSE à la liste des membres du personnel de l'université ? De notre côté, enseignants ou étudiants, ils nous empêchent un maximum de filmer. Ce qui siginifie que les images disponibles sur youtube et sur dailymotion ne sont pas à la hauteur de la réalité.

Face à cette situation, plusieurs enseignants, dont je suis, ont refusé de faire cours.

Je refuse d'entrer dans une fac investie de forces de police, de gendarmerie et de vigiles privés non asermentés.

Je refuse de montrer des papiers d'identité pour me rendre sur mon lieu de travail.

Je refuse de me faire bousculer par des CRS.

Je refuse de me faire tutoyer avec mépris par des individus que je ne connais pas.

Je refuse d'entendre un vigile insulter un de mes collègues (pourtant munis du sac en cuir typique de l'enseignant, pourtant plus honorable que moi dans l'allure avec ses cheveux blancs) en lui disant « J'vais t'fumer toi, j'vais t'fumer. »

Nous ne sommes pas, que je sache, dans un état policier. Ou alors il faut nous le dire clairement, parce que cela signifie que les règles du jeu ont changé. Je croyais que l'on avait le droit de grève dans notre pays. Je crois que ce qui m'inquiète le plus, c'est de recevoir des communiqués de la Présidence affirmant que la situation est désormais « normale ».

SI CETTE SITUATION EST NORMALE, JE DEMISSIONNE.

Le texte complet sur http://contreinfo.info/
# Posté le samedi 15 décembre 2007 09:11